Comment lire un rapport de diagnostic QAI (et quoi en faire)
CO₂, particules fines, COV, humidité : un rapport de qualité de l’air intérieur ne vaut que par les décisions qu’il déclenche. Les repères pour l’interpréter sans se tromper.
Un diagnostic de qualité de l’air intérieur (QAI) produit beaucoup de chiffres. Sans grille de lecture, il finit dans un tiroir. Voici comment nos ingénieurs le lisent, et surtout ce qu’ils en déduisent pour vos installations.
1. Le CO₂ : le témoin du renouvellement d’air
Le dioxyde de carbone n’est pas un polluant en soi aux concentrations rencontrées dans un bâtiment : c’est un indicateur de confinement. Une concentration qui grimpe au fil de la journée dans une salle occupée signifie que le débit d’air neuf ne suit pas l’occupation réelle.
- Un plateau stable proche de l’extérieur : la ventilation fait son travail.
- Une montée continue sur la journée : débit insuffisant, bouche obstruée ou réseau déséquilibré.
- Des pics à chaque réunion : la régulation ne réagit pas à l’occupation.
2. Particules fines : chercher la source avant de filtrer
Les PM2,5 et PM10 racontent deux histoires différentes. Des niveaux corrélés à l’extérieur pointent vers la filtration de la centrale de traitement d’air ; des niveaux internes plus élevés qu’à l’extérieur désignent une source dans le bâtiment : process, cuisine, travaux, ou un réseau de gaines encrassé qui relargue.
3. COV et humidité : les signaux lents
Les composés organiques volatils apparaissent souvent après un aménagement (mobilier, revêtements) ou signalent une ventilation trop faible pour évacuer les émissions courantes. L’humidité relative, elle, se lit sur la durée : au-delà d’un certain seuil sur plusieurs jours, elle prépare le terrain aux moisissures dans les gaines et les faux plafonds.
4. Passer du rapport au plan d’action
- Croiser les mesures avec l’occupation. Un chiffre sans le contexte horaire ne dit rien.
- Vérifier le réseau avant de toucher aux consignes. Une inspection caméra révèle souvent que le débit théorique n’arrive pas jusqu’à la bouche.
- Prioriser. Rééquilibrage, remplacement de filtres, nettoyage de réseau : chaque action a un coût et un effet mesurable. Refaites une campagne après intervention.
Un bon rapport QAI se termine par des recommandations hiérarchisées, pas par un tableau. Si le vôtre n’en a pas, c’est la première chose à demander.
